Les entrepreneurs sont courtisés

par Christiane Turck

Je retiens ici deux initiatives apparues à la gloire des entrepreneurs. « Google pour entrepreneurs » (en anglais) et le nouveau site internet « Infos entreprises » de la Région Wallonne. Ces deux « nouveaux » (Google entrepreneurs n’est pas vraiment neuf) ambitionne de faciliter la réussite des entreprises. Plus spécialement des PME/TPE.

Certes, cela part d’un bon sentiment. Sauf que ce n’est pas pour se donner bonne conscience.

Google pour entrepreneurs

Google y voit le moyen d’être le premier sur la balle au cas où émergerait dans sa nursery d’entrepreneurs un petit génie qui lui permettra d’encore améliorer son offre. Bien sûr tous les autres profiteront de l’ascenseur, mais tous n’arriveront pas en haut. C’est le jeu.

Sur le site lesaffaires.com on peut lire que Google s’est donné trois orientations pour son aide aux entrepreneurs :

  1. Établir des partenariats avec des organisations fortes qui desservent la communauté dans laquelle elles évoluent;
  2. Apporter une aide directe, par des outils Web adaptés et par du personnel sur place;
  3. Attacher une attention particulière aux start-ups en démarrage et promises à un bel avenir.

Dans mon analyse, je retiens donc surtout le troisième point. Sans aucun reproche à Google qui a le mérite de faire exister ce genre de solution, qui utilisée intelligemment peut vraiment être un plus au développement. Plusieurs formules-outils existent et répondent à des problèmes rencontrés aux moments-clés de l’entreprise (création, accélération, consolidation…)

Infos Entreprises

Pour le site internet « Infos Entreprises« , il est annoncé comme la concaténation (j’adore ce mot!) de toutes les possibilités données pour les TPE/PME en Région Wallonne pour monter et réussir leur projet d’entreprise. On annonce 400 pages d’informations et 500 liens!

On est là dans le combat avec la crise économique (dont on ne voit pas le début de la fin). Mais j’ai envie de mettre un petit bémol en rappelant que jamais il n’y a eu autant de faillites et que si c’est bien d’encourager l’entrepreneuriat, quand on crée son propre business, il ne s’agit pas seulement de changer de travail mais bel et bien de changer de vie. C’est sans doute un aspect qui n’est pas assez mis en avant, tout comme les méthodes pour éviter l’échec et réagir face aux situations de danger devraient être plus mises en avant. Nathalie Crutzen, professeur à HEC Liège, a d’ailleurs fait un travail très intéressant sur ce dernier point et tout entrepreneur, surtout petit, devrait avoir connaissance des conclusions de l’étude.

On s’éloigne du sujet, pardon.

Revenons à notre portail. Une page d’accueil simple (trop?) qui met en avant deux points: un moteur de recherche et un flux RSS d’actualités venant de sites qui sont dans l’aide, le conseil; l’accompagnement… à la création d’entreprise.

La barre de navigation vient compléter l’approche en proposant de faire son choix par des moments-clés de la vie de l’entreprise (création, financement/gestion, développement). Pour le reste, la navigation est basée sur un système par mots-clés. Assez innovant et pas inintéressant mais qui risque très vite de « perdre l »internaute » en le faisant voyager à travers toutes les infos. A voir.

Cas pratique

Un cas pratique à partir d’un exemple très concret mais qui va ressembler à un coup de gueule. Coup de gueule parce que les aides ne sont pas toujours bien distribuées. Ainsi, une TPE qui souhaite refondre son site internet et ses fonctionnalités. Budget? En dessous de 1.500 euros. Pas d’aide AWEX puisque pas d’activité qui pourrait être exportées. Pas d’aide RW puisque le budget est en-dessous de 5.000 euros. Le risque? La TPE fait son site toute seule, ou avec une connaissance. Douée ou pas. Bref, un projet qui risque de se mettre en place sans réelle réflexion, sans stratégie, au petit bonheur la chance. Et pourtant, la volonté de bien faire les choses est là. Appel est fait à des professionnels. Mais vous en connaissez beaucoup des agences qui font un bon vrai site internet pour 1.000 euros? Avec du vrai contenu pertinent? Un site évolutif?

Bon voilà. Il faut bien se rendre compte que pour se payer son site à 1.000 ou 1.500 euros, la TPE doit travailler rien que pour ça pendant un mois à un mois et demi. C’est lourd dans le budget et pourtant aujourd’hui, une BONNE présence internet, ce n’est pas du luxe.

La solution bis pour la TPE: passer par des annuaires ou des solutions « mutualisées » où trop souvent encore, le nom de domaine est pris au nom de l’annuaire et pas au nom de la TPE. Mais ceci est un autre débat.

En attendant, je vais consulter le nouveau portail, et si je trouve ce que je cherche pour cette TPE, je vous le dis promis.

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