L’avenir des médias est dans le ludique

par Christiane Turck

Philippe Torres, de passage à Bruxelles, a présenté une étude sur les médias menée par l’Atelier (filiale de Paribas). Cette présentation n’a pas attiré la grande foule des journalistes puisque nous n’étions que trois. Et pourtant, les éléments fournis dans ce résumé sont déjà intéressants.

La version complète et définitive sortira, en principe, encore en septembre et sera disponible via le site de l’Atelier.fr.

Qu’en retenir ?

          Définition d’un média dans le cadre de l’enquête : un média est  un ensemble de technologies permettant l’échange de messages entre êtres humains.

          Plus concrètement, huit canaux de communication actuels (presse et édition, affichage publicitaire, cinéma, radio, tv, internet, télécoms, IT, électronique grand public) ont été étudiés pour donner une idée aux industries de l’impact des Nouvelles Technologies sur un secteur d’activité donné.

          Une des principales données qui est à retenir de cette présentation est sans conteste ce conseil aux journaux papier actuels : devenez plus ludique, dirigez-vous vers la formule du journal de Harry Potter si vous voulez encore avoir un avenir.

Quant aux journaux télévisés et autres postes de présentation, l’avenir est sans doute dans les avatars virtuels. Sans parler des nanotechnologies qui permettraient d’aboutir à des médias dotés d’intelligence logique et de réflexes physiques !

          Dans un autre axe, Philippe Torres parle de dématérialisation suivie de re-matérialisation. Dématérialisation parce que le processus d’innovation modifie ou fait disparaître certains supports, métiers, ou façons de consommer les médias. Et re-matérialisation, pour le processus (en cours) où les interfaces homme-machine font appel à l’usage de nos sens. Avec également un passage du mono fonctionnel au média polyvalent.

          Quelques termes nouveaux débarquent dans cette étude. Comme les consommacteurs, qui passe du mode passif au mode acteur tant dans la création que dans la diffusion de contenu. Ou comme la notion de barbare du web, qui veut définir les acteurs exploitant le flou juridique qui existe autour de certaines activités du web. Google, qui a pourtant amené la notion d’hyperlien de qualité, peut être ici considéré comme un barbare. (NDLR de notre côté nous pensons plutôt à ce métier émergent dans les médias : faiseur de buzz.)

          Autre nouveauté : la valeur d’usage. A privilégier par rapport à la notion de copyright ou de droit d’auteur. La valeur d’usage ouvre la porte à un système ouvert de traçabilité des copies plutôt qu’à l’interdiction de la copie. Copie qui est ici considérée comme une fonction primitive des systèmes d’information. Attention, que les intérêts des ayants droits ne sont pas remis en cause.

          Du côté de l’économie, l’étude met le doigt sur l’importance prise par les services gratuits en ligne. Des services pas toujours transformables en publicité ou autre sponsoring et qui ne trouvent pas de système de mesures pour les valoriser. Les systèmes de mesures actuels sont d’ailleurs clairement remis en cause, pour leur manque de pertinence et leur inadaptation aux nouvelles technologies de l’information.

 

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